On place un « t » entre un verbe qui se termine par un « e » ou un « a » (seules voyelles possibles pour un verbe) ou par un « c » non prononcé et les pronoms sujets « il », « elle » ou « on » qui le suivent.

« Tout est en ordre », déclare-t-elle. Comment va-t-il ?

Qui convainc-t-il ?

Ce « t » ne correspond à aucun mot : il permet juste de faire une liaison en [t]. Il s’écrit toujours entre deux traits d’union.

ATTENTION

Inutile de mettre un « t » si le verbe se termine par « t » ou « d ».

Arthur prend-il parfois le train ou l’avion ?

Le « t » ici est superflu quand la forme verbale se termine par un « d ». En effet, celui-ci ne se prononce-t-il pas comme un « t » quand il se lie à la voyelle ?

Bien placer les deux traits d’union qui encadrent « t » dans « y a-t-il » et ne pas en mettre entre « y » et « « a : il n’y a jamais de trait d’union entre un verbe et le pronom qui le précède.

Ne pas confondre ce « t » euphonique avec « t’ » (forme élidée de « te ») qui résulte de l’élision du pronom « toi », après un verbe à l’impératif ayant pour complément « en » ou « y », est précédé d’un trait d’union, mais suivi d’une apostrophe :

s’en aller → tu t’en vas → va-t’en

Si tu n’as plus rien à faire, va-t’en. Remets-t’en au destin.

L’apostrophe et le trait d’union ne sont pas deux signes équivalents : veillez donc à ne pas confondre « mange-t’il » et « mange-t-il ».

Pourquoi dit-on du  « t » qu’il est euphonique ou analogique. Le « t » qui ne résulte pas de l’élision du pronom personnel « toi », et n’est donc pas suivi d’une apostrophe mais d’un second trait d’union, est appelé tantôt euphonique, tantôt analogique. Euphonique puisque, de toute évidence, il facilite la prononciation et sert avant tout à éviter un hiatus (« Aussi a-il perdu son temps » serait proprement dissonant !). Analogique dans la mesure où, dès le XVe siècle, il a permis aux verbes qui avaient perdu leur terminaison « -t » ou « -d » à la troisième personne du singulier de s’aligner sur ceux, nombreux, qui l’avaient conservée…

Comme ce tutoriel est court, voici quelques questions pour savoir si vous avez bien suivi ! Répondez par « vrai » ou « faux » sous forme de commentaire.

  1. Votre client japonais comprend-t-il le français ?
  2. Le gouverneur a gracié le condamné, aussi suspend-t-on l’exécution.
  3. Le nouveau standardiste répond-il avec aisance au téléphone ?
  4. Combien d’exemplaires l’auteur s’attend-t-il à vendre ?
  5. Comment explique-t-elle un tel résultat ?
  6. Pourquoi n’apprend-il pas à se servir de ce logiciel ?
  7. Comment écrit-t-on ce mot ?
  8. La direction m’accordera-t’elle cette prime ?
  9. S’attend-on que je sois autonome dès mon premier jour de travail ?
  10. Va-t-en dès que possible si tu ne veux pas rater le bus.

 Celui qui fera un sans-faute parmi les 5 premiers répondants recevra cet ouvrage de Jean-Loup Chiflet, auteur d’une quarantaine d’ouvrages humoristiques sur la langue française. Réponse le mardi 20 septembre sur ce blog.

Website Comments

  1. FlorenceAugustine
    Répondre

    Voici les réponses à ce quiz.

    1. Faux. Il faut écrire : Votre client japonais comprend-il le français ?
    Lorsqu’il y a inversion du sujet, comme ici, et que le verbe se termine par un « d », on ne met pas de « t » entre lui et le pronom sujet : on écrit donc « comprend-il », et non « comprend-t-il ».

    2. Faux. Il faut écrire : Le gouverneur a gracié le condamné, aussi suspend-on l’exécution. Lorsqu’il y a inversion du sujet, comme ici, et que le verbe se termine par un « d », on ne met pas de « t » entre lui et le pronom sujet : on écrit donc « suspend-on », et non « sus-pend-t-on ».

    3. Phrase correcte.

    4. Faux. Il faut écrire : Combien d’exemplaires l’auteur s’attend-il à vendre ? Lorsqu’il y a inversion du sujet, comme ici, et que le verbe se termine par un « d », on ne met pas de « t » entre lui et le pronom sujet : on écrit donc « s’attend-il », et non « s’attend-t-il ».

    5. Phrase correcte.

    6. Phrase correcte.

    7. Faux. Il faut écrire : Comment écrit-on ce mot ?

    8. Faux. Il faut écrire : La direction m’accordera-t-elle cette prime ?
    Le « t » placé comme ici entre une forme verbale à la troisième personne (accordera) et le pronom correspondant (elle) doit être encadré de traits d’union : on écrit « m’accordera-t-elle » et non « m’accordera-t’elle ».

    9. Phrase correcte.

    10. Il faut écrire : Va-t’en dès que possible si tu ne veux pas rater le bus.
    « Va » n’a pas de sujet exprimé, signe qu’il s’agit de l’impératif, et le « t » présent ici est en fait le pronom « toi » : dans ce cas-là, il est suivi d’une apostrophe.

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