Les divers emplois du mot « temps »

Arrêter la fuite du temps ; gagner du temps ; le temps, c’est de l’argent. Nous usons tous de ces expressions. Sachons que le bon temps n’a rien à voir avec le beau temps. Petite leçon pour évoquer le « temps » sans utiliser le mot à contretemps !

Issu du latin tempus, temporis, le temps désigne d’abord un moment ou une époque. Etre de son temps, c’est en avoir les idées.

Au pluriel, nous avons les cas suivants : la nuit des temps se rapporte à une époque très ancienne ; les temps modernes s’appliquent à notre époque. On peut entendre que les temps sont durs devant une situation pénible ; autres temps, autres moeurs ce proverbe nous rappelle que les choses évoluent en permanence. Le mot s’emploie pour désigner un moment seulement, quelques jours : ces derniers temps ou ces temps-ci.

Qualifié par un adjectif ou par un complément, le même mot caractérise un certain âge de la vie.

Quand on dit regretter le bon temps, nous faisons allusion à un passé plus heureux. Dans les récits des anciens, on rencontre souvent « de mon temps… »

Beaucoup redoutent le moment où le temps nous sera compté et il sera temps de partir.

En attendant, rien ne nous empêche de prendre du bon temps !

Avec un possessif, on rappelle que le temps dont on dispose peut être considéré comme un bien, un capital : l’expression le temps, c’est de l’argent. Nombreux sont ceux qui reconnaissent payer de leur temps et de leur personne. On disait d’un ancien sur la fin qu’il avait fait son temps, expression qui s’est étendue ensuite aux objets démodés, usés, puis à la durée d’une peine ou d’un épreuve.

En somme, il s’agit de ne pas perdre son temps inutilement. Avoir tout son temps et pouvoir prendre son temps peuvent apparaître comme un luxe à ceux qui ne cessent justement de vouloir gagner du temps. D’autres, conseillent de laisser du temps au temps. Mais chaque chose en son temps, inutile de vouloir tout faire à la fois !

Le mot a également plusieurs emplois, qui tous font allusion à une division de la durée. En mécanique, il sert à désigner différents types de moteurs : un moteur à deux ou à quatre temps. Un temps est aussi un terme spécialisé de gymnastique ou d’escrime qui définit la décomposition d’un mouvement, que l’on retrouve aussi dans le vocabulaire militaire avec les trois temps. En sport, faire un bon temps, signifie réaliser une bonne performance. Une mi-temps qualifie à la fois chacune des deux parties d’un match et le temps de repos entre ces deux parties.

On l’emploie aussi en musique pour désigner la valeur d’une note et, en danse, on évoque les temps musicaux et les pas qui leur correspondent. La valse est une danse à trois temps, et pour Jacques Brel, en 1959, elle devient une valse à mille temps. En danse classique, le mot temps définit certaines figures, certains sauts ou mouvements.

Au sens météorologique, le temps, c’est le temps qu’il fait. Le temps est au beau ou bien se lève, toutefois il peut aussi se gâter. On dit alors qu’il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors pour qualifier un temps de chien ou de cochon. Quant au cochon, il est un de ces animaux dont le comportement a engendré nombre d’expressions : « Cochons portant de la paille dans leur abri : tempête. Si les cochons fuient en grogant, signe de mauvais temps ». On peut tout aussi bien se fier au chat : « Chat se chauffant est signe de mauvais temps« .

En ancien français, le mot temps s’employait pour désigner une saison : le temps des moissons, des vendanges, des vacances, ou dans le titre de la chanson Le Temps des cerises. On parle d’un temps de saison quand il n’a rien d’exceptionnel.

Du XIIIe au XVIIe siècle, ce mot a désigné la tempête et l’orage. L’expression gros temps, dans le vocabulaire maritime en témoigne. Mais après la pluie, le beau temps.

Etre dans l’air du temps, c’est correspondre à ce qui se pense ou à ce qui se fait pendant une période donnée. Mais vivre dans l’air du temps, c’est manquer de ressources et subsister avec peu de choses. Mais les cyniques vous déclareront qu’il y a beau temps qu’ils n’y croient plus de vivre d’amour et d’eau fraîche, voulant dire qu’il y a belle lurette qu’ils ne se font plus d’illusions.

Etre dans les temps, c’est être à l’heure. On doit cette expression au vocabulaire des compétitions sportives, où elle veut dire que l’on suit le rythme prévu pour une épreuve.

Un temps mort, c’est un moment où l’on ne fait rien. A l’origine, cette expression est également sportive et s’emploie quand un arbitre interrompt le jeu pour une raison ou pour une autre.

Un contretemps a eu un sens spécialisé, se disant de l’interruption de la cadence d’un cheval. Le terme s’est employé par la suite en musique, en danse, et en escrime, avant d’être employé au figuré dans le sens d’un accident inopiné.

Faire quelque chose en deux temps et trois mouvements, c’est le faire très rapidement, en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, par allusion au maniement des armes.

Lorsque pour reconnaître son erreur, on s’excuse en disant « au temps pour moi« , on reprend une expression militaire qui commandait de recommencer un exercice mal exécuté, on disait « Au temps ! Au temps pour les crosses ! » lorsque les crosses des fusils n’étaient pas toutes retombées en même temps.

Source : Pratique et maîtrise de la langue française, éditions Atlas

 

Florence Augustine

Par Florence

Correctrice et rédactrice de débats, j’accompagne au quotidien les professionnels de l’édition, de la communication, les instances publiques comme privées pour valoriser leurs contenus et leurs échanges.

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