Tous les MOTS sont des OUTILS.Des outils (1)Les fautes d’orthographe et de grammaire trop nombreuses, ou relevant plus de lacunes que d’un défaut d’inattention seraient préjudiciables. De ce fait, il y aurait un intérêt certain à soigner ses écrits.

Dans une société dominée par les écrans, les images chocs, bien écrire, ou tout du moins dans un français correct a-t-il encore un sens ? Les mots et l’écrit ont-ils encore tout leur sens ?

Mais quelle importance donnez-vous à l’orthographe et à la grammaire dans votre communication ?

Une bonne orthographe participe à la construction d’une image de marque pour l’entreprise et pour le salarié. 

Derrière cette maîtrise de la langue française, c’est l’image même de la personne qui est en jeu. Il est ici question de reconnaissance sociale et d’estime de soi. On touche alors à des valeurs humaines clés, valeurs placées en haut de la pyramide des besoins de Maslow. Présenter des lacunes en orthographe peut véritablement nuire à un individu, surtout si celui-ci occupe un statut d’autorité dans la hiérarchie.

Vecteur de crédibilité, facteur de confiance et synonyme de sérieux, l’orthographe peut autant servir une réputation que la fragiliser.

Protéger sa réputation et celle de son entreprise

Des fautes d’orthographe régulières dans des mails peuvent discréditer un salarié aux yeux de sa hiérarchie et pire, s’il s’agit d’un manager, aux yeux de son équipe. Exit en effet le temps où les managers et les dirigeants faisaient taper leurs rapports à leur secrétaire. Désormais, chacun doit être en mesure de résumer rapidement et pertinemment une situation, afin d’informer le plus rapidement possible les diverses personnes concernées.

Mais au-delà des enjeux liés à la communication interne en entreprise, des lacunes en orthographe et en grammaire peuvent être dangereuses du point de vue de la communication externe. Il est ici question de l’image de l’entreprise. Une bonne orthographe est en effet gage de confiance aux yeux des clients. Pour preuve, une étude britannique – citée dans la précédente partie de ce débat – qui a conclu qu’une faute d’orthographe sur une page d’e-commerce divise par deux les ventes en ligne du site.

Cette tendance se vérifie notamment par l’attention croissante que les marques donnent à la gestion de leur e-réputation. Le poste de Community Manager n’est plus laissé au hasard et les exigences de recrutement sont élevées. Une faute sur un post Facebook ou Twitter peut vite tourner au « bad buzz » et desservir la notoriété d’une marque.

L’écrit reste une valeur centrale, qui officialise, certifie, donne un caractère définitif à une décision. Il s’agit de transmettre exactement l’information. L’écrit reflète la qualité de l’émetteur, le respect qu’on porte au destinataire.

Nous n’arrivons pas toujours à exprimer clairement notre pensée, à trouver les mots adéquats, quand nous correspondons, de plus si une réponse doit être faite rapidement. Les phrases peuvent être interprétées différemment par le destinataire, entraînant une suite de malentendus.

Une bonne orthographe est en mesure d’éviter les ambigüités dans la com écrite.

Quand on ne sait pas construire une phrase, c’est difficile d’écrire donc de communiquer.

Alain Bentolila, professeur de linguistique, conseiller scientifique à l’Agence nationale contre l’illettrisme et infatigable défenseur de la langue française considère que même si l’on dispose de plus en plus d’outils de correction, ce n’est pas une raison pour arrêter d’apprendre les règles : « On n’écrit pas simplement sur un clavier, on n’a pas toujours un correcteur sous la main, l’orthographe est fait pour passer sa pensée à un autre par écrit. Quand j’écris « ancre » et non pas « encre », je ne veux pas dire la même chose. ». Par ailleurs, il estime qu’il « faut expliquer aux enfants que si on a décidé d’écrire avec des règles c’est pour pouvoir transmettre à un autre, à distance, sa pensée ».

Selon l’INSEE, la plupart des entreprises (65 %) ont désormais un site web ou au moins une page d’accueil. En France, 1 entreprise sur 5 possède un compte social (Facebook, Linkedin, Viadeo, Google+…). 

Une étude réalisée sur un échantillon représentatif de 10 000 entreprises ayant au moins un salarié par l’agence web 1min30 révèle que près des deux tiers des entreprises françaises disposent aujourd’hui d’un site Internet. Néanmoins, de nombreuses disparités existent selon la  situation géographique, la taille ou le secteur d’activité de l’entreprise. Le secteur information et communication est le plus présent à 91 %. A noter aussi la forte présence sur Internet des entreprises liées à l’hôtellerie et à la restauration, à l’immobilier, au spectacle et à la formation (source : La Tribune, article de Gabriel Dabi-Schwebel, 15-05-2013).

Une entreprise qui veut soigner son image et développer ses ventes et contacts devra passer par un site web, qui peut être un site vitrine, une boutique en ligne, un blog, un site d’actualité… 

Depuis quelques années, les réseaux sociaux sont devenus un moyen de communication très efficace de par leur forte viralité, mais aussi pour leurs nombreux outils qu’ils mettent à votre disposition, c’est pourquoi il est important d’y être présent.

Reseaux

Outil primordial dans une stratégie de communication, il est de bon ton de ne pas y négliger ses écrits.

Que penser d’un professionnel lorsque les articles qu’il publie, son profil LinkedIn ou Viadeo, ses interventions sur des sujets d’expertise contiennent de délicieuses et inoubliables fautes d’orthographe ?

Si sur les sites informels comme Facebook, on vous accordera une plus grande tolérance aux fautes, sur la page d’accueil de votre site de vente, votre plaquette commerciale, votre crédibilité est en jeu.

Sur les réseaux sociaux, les blogs, la e-réputation peut passer par un minimum de maîtrise, c’est un plus.

Selon une enquête publiée par vizu.com, c’est la qualité de la rédaction qui est le premier facteur de choix (43,9 %), de reconnaissance (56,3 %) et de crédibilité (51,5 %) pour la lecture d’un blog.

Avec les bons mots, des phrases chocs, une belle rhétorique, une bonne histoire, on attire l’attention, faire mouche, se faire remarquer.

Un article qu’on hésitera à partager

Jean-Marc Hardy de l’agence 60canards.com indique que près des deux tiers des personnes interrogées déclarent être moins à même de partager ou de faire suivre un article qui contient des fautes d’orthographe.

Ce chiffre montre clairement que l’orthographe et la grammaire, au même titre que la pertinence des arguments, la qualité de l’expression, la renommée de l’auteur, sont importantes et crédibilisent le propos.

Les conséquences d’une mauvaise orthographe sont majeures en matière d’image. Il explique que l’écrit occupe une place capitale dans la communication de l’entreprise. Ainsi, une faute d’orthographe se transformera de simple erreur en perte de crédibilité de l’entreprise, en manque de respect pour les personnes qui vont lire le texte… ces personnes étant principalement les clients.

Bref, une bonne orthographe participe à la construction d’une image de marque maîtrisée et cohérente que ce soit pour l’entreprise ou pour le salarié.

Les gens se font une image de nous, de notre entreprise, de notre marque à partir des éléments qu’ils trouvent sur le web les réseaux sociaux : articles, commentaires, photos, CV… des traces à partir desquelles des gens qui ne nous connaissent pas vont nous juger.

L’orthographe et la grammaire : des outils pour bien se faire comprendre

Elles nous permettent de comprendre les textes, de saisir les pensées de l’auteur, mais aussi de savoir comment écrire pour bien se faire comprendre. Elles nous évitent les contresens fâcheux ou les impairs.

La conjugaison

Ex. : « Je serais heureuse de vous rencontrer. » (Si vous l’acceptez.)
« Je serai heureuse de vous rencontrer. » (Quand nous nous verrons puisque notre rendez-vous est prévu.)

Le rédacteur utilisera le conditionnel pour exprimer un souhait, une hypothèse, une condition alors qu’il préférera le futur de l’indicatif pour évoquer une situation à venir.

Si vous utilisez l’indicatif alors qu’aucun entretien n’est prévu, vous allez trop vite en besogne et votre interlocuteur s’en offusquera à moins qu’il ne soupçonne votre faute d’orthographe (ce qui n’est pas forcément mieux).

Voyons ce que peuvent exprimer les phrases suivantes :

Je te rappellerai quand j’aurai fini mon travail !

La personne comprend qu’elle vous dérange.

Quand j’aurai fini mon travail, je te rappellerai. C’est mieux, on insiste non plus sur l’obstacle, mais sur la promesse.

Encore mieux : Dès que j’ai fini, je te rappelle.

Grâce à un présent substitué à un futur, la personne comprend que l’on est impatient de la rappeler.

C’est ça l’intérêt de la grammaire.

Le singulier et le pluriel

Ex. : « Il aime bénéficier de l’attention des fournisseurs. »
« Il aime bénéficier des attentions des fournisseurs. »

Les accords varieront en fonction de l’idée que le rédacteur se fait de la situation et du sens qu’il souhaite faire passer.

Le singulier, « l’attention », exprime la vigilance, la concentration, l’écoute tandis que le pluriel, « les attentions », signifie les égards, voire les petits cadeaux. Les deux phrases ne veulent pas du tout dire la même chose. Le contexte confirmera le choix orthographique de l’auteur.

Nous nous rendons compte, par ces quelques exemples, que l’orthographe et la grammaire jouent un rôle important dans la bonne compréhension du texte et que les mots ont besoin de leur contexte pour être compris.

Elles nous aident à faire comprendre nos messages écrits et à nous faire comprendre tout court.

Carine E., lors d’un échange sur la question sur Linkedin y voit  un outil « paix » pour éviter les incompréhensions.

L’orthographe et la grammaire : des outils pour intégrer un groupe de pairs

Les inégalités évoquées dans un article écrit pour le blog More than Words « Va-t-on vers une paupérisation du niveau de langue ? », que créerait notre système d’éducation se retrouveraient-elles dans les groupes de pairs auxquels on adhère sur les réseaux sociaux, dans la sphère professionnelle ou privée ?

Chaque individu d’un groupe parle le même langage.

Faisant suite à une discussion lancée sur Viadeo, Kévin F. me répondait : « Sur un réseau 2.0 ou dans la vie de tous les jours, nous nous adressons avant tout à nos groupes de pairs. Il va de soi que chaque individu du groupe parle le même langage, avec ses codes et ses expressions propres : c’est ce que l’on appelle les différents registres de langue. Ainsi, je ne pense pas qu’un jeune communiquant sur Facebook avec ses amis en “langage SMS” soit exclu du groupe. Bien au contraire, il l’intègre parfaitement ! Là où la difficulté se fera sûrement sentir, c’est lorsqu’il devra s’adresser à un profil différent de ses pairs. À ce moment précis, il devra changer de registre de langue : c’est là que l’exclusion peut éventuellement apparaître ».

Finalement, comme l’explique Kévin, la langue n’est que la barrière qui sépare les différentes catégories sociales. Notre niveau de langage nous intègre au sein de notre groupe de pairs, et nous exclut des autres. Sauf pour celui qui sait jongler entre les différents registres de langue…

Celui qui parlera le même langage que le groupe auquel il s’adresse, aura acquis leurs codes, leurs expressions, pourra d’autant plus l’intégrer, se sentir accepté, y faire sa place, leur faire passer un message, être compris, les séduire. Avec les bons mots, des phrases chocs, une belle rhétorique, ou tout simplement une bonne histoire, il pourra attirer l’attention, faire mouche, se faire remarquer, être demandé, reconnu pour son expertise.

Et si à côté des mots, des écrits qu’il diffuse, s’ils font sens, il y ajoute un lien, une image, une vidéo pertinents, et instaure un échange, un lien, il aura de fortes chances d’être influent.

Le bon usage du français dans nos échanges n’est pas plus indispensable que superflu. Je dirais même qu’il pourrait très bien ne pas être considéré comme obligatoire – quoique ! – mais nécessaire selon la cible à laquelle s’adresse votre message. Il est visiblement de plus en plus requis ne serait-ce que dans une situation d’embauche, d’évolution de carrière où il peut être discriminatoire, voire éliminatoire. Tout comme sur les réseaux sociaux pour se mettre en relation avec un client potentiel, se rapprocher d’un groupe de pairs.

Au-delà des bénéfices en matière de crédibilité pour soi et l’entreprise, n’y a-t-il pas également un vrai plaisir à ne plus douter de l’écriture de mots et d’expressions que l’on utilise si souvent ?

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