Participe passé et cas particuliers

Nous venons de voir dans un billet précédent le participe passé et ses subtilités. Voici d’autres cas particuliers.

Attendu, compris (y compris, non compris), entendu, excepté, ôté, ouï, passé, supposé, vu, étant donné.

Placés devant le nom, ils sont invariables.

Employés comme une conjonction :

Vu qu’on ne peut rien y changer, autant se faire une raison.

Étant donné que le train a du retard, nous avons le temps de prendre un café.

Employés comme une préposition :

Vu les circonstances, nous sommes forcés de partir.

Je n’aime pas beaucoup les gâteaux, excepté ceux au chocolat.

Ôté les trois premiers chapitres, ce roman se lit avec plaisir.

Supposé les deux lignes parallèles, il faut calculer la distance qui les sépare.

Il a voulu tout payer, y compris les taxes.

Lorsqu’ils sont placés derrière le nom, il y a accord en genre et en nombre :

J’apprécie toutes tes amies, ces deux-là exceptées.

Il a voulu tout payer, taxes comprises.

D’autres participes restent invariables quand ils précédent le sujet :

Quitté la nationale, vous prendrez la première à droite.

Venu la belle saison, je vais sur la page.

Les participes étant donné, mis à part, passé, peuvent s’accorder en genre et en nombre avec un nom, placés devant ce nom.

Étant donné(ées) les circonstances, je ne souhaite pas le voir.

Mis(es) à part ces élucubrations, c’est quelqu’un de sympa.

Passé(es) les premières années, on s’habitue aux contraintes du métier.

Lorsqu’ils sont placés derrière le nom, ils s’accordent obligatoirement :

Les circonstances étant données…

Ses élucubrations mises à part…

Les premières années passées…

Ci-joint, ci-annexé, ci-inclus

Vous pouvez accorder lorsqu’il suit (la feuille ci-jointe) et le laisser invariable lorsqu’il précède (veuillez trouver ci-joint la feuille).

L’Académie cite comme correcte la phrase : trouvez ci-incluses trois photocopies

Coûté, valu, pesé, gagné, régné, couru…

La réponse à la question combien ? indique l’invariabilité du verbe.

Les trois mille francs que ce travail m’a valu – (?) Ce travail m’a valu combien ? les trois mille francs. Réponse : Les trois mille francs que ce travail m’a valu.

Quand on peut donner une réponse à la question quoi ?, le verbe s’accorde, car il s’agit d’une construction directe.

Les trois robes que j’ai mises

La réponse à la question quoi ? indique que le verbe s’accorde.

Les difficultés que ce travail m’a valu – (?) Ce travail m’a valu quoi ? Les difficultés (placées devant). Réponse : Les difficultés que ce travail m’a values.

Dit, dû, cru, pu, su…

Il faut pouvoir répondre à la question quoi ? Si la réponse est un nom, le verbe s’accorde.

J’ai fait toutes les réparations que j’avais promis– (?) J’avais promis quoi ? Les réparations.

Réponse : J’ai fait toutes les réparations que j’avais promises.

La réponse peut être un sous-entendu (verbe ou proposition). Dans ce cas, il est invariable.

J’ai fait toutes les réparations que j’avais dit– (?) J’avais dit quoi ? De faire des réparations (et non de dire une réparation, ce qui n’a pas de sens).

Réponse : J’ai fait toutes les réparations que j’avais dit.

La réponse comprend l’expression « le peu ».

Il faut accorder avec l’élément qui domine. Pour ce faire, le plus simple est de se demander « si cela finit bien ». Si la réponse est oui, on accorde.

Le peu de confiance que vous m’avez témoigné- (?) m’a rendu le courage.

Vous m’avez témoigné quoi ? Le peu de confiance.

Est-ce que ça finit bien ? Oui.

Réponse : Le peu de confiance que vous m’avez témoignée m’a rendu le courage (l’accent est mis sur la confiance et non sur la quantité).

Si cela finit mal, il reste invariable (en réalité, il s’accorde avec le peu. L’accent est mis sur la quantité).

Le peu de confiance que vous m’avez témoigné- (?) m’a ôté le courage.

Vous m’avez témoigné quoi ? Le peu de confiance.

Est-ce que ça finit bien ? Non.

Réponse : Le peu de confiance que vous m’avez témoigné m’a ôté le courage.

La réponse à la question quoi ? ou qui ? est représentée par « en »

Des réparations, j’en ai fait– (?). J’ai fait quoi ? En = réparations (si l’on considère « en » comme neutre et partitif) donc invariable. On écrira : Des réparations, j’en ai fait.

Mais certains grammairiens considèrent « en » comme pronom.

Des réparations, j’en ai fait – (?). J’ai fait quoi ? En = réparations (si l’on considère en comme pronom) donc variable. On écrira : Des réparations, j’en ai faites.

D’un point de vue pratique, si vous laissez invariable, on vous laissera tranquille.

La tournure est impersonnelle.

Le participe passé sera invariable.

Les grandes chaleurs qu’il a fait– (?).  Il a fait quoi ? Les grandes chaleurs. Mais il est impersonnel et invariable. On écrira : Les grandes chaleurs qu’il a fait.

Les antécédents sont reliés par une conjonction de comparaison.

Il faut se fier à son bon sens.

C’est votre mère ainsi que votre père que j’ai invités. (J’ai invité qui ? Les deux.)

C’est votre mère plutôt que votre père que j’ai invitée. (J’ai invité qui ? La mère.)

Les antécédents sont reliés par « ni… ni ».

Ce n’est ni votre père ni votre mère que j’ai invités.

L’accord du verbe se fait avec l’antécédent (le père et la mère). Néanmoins, le singulier est de rigueur si, d’évidence, le participe passé ne concerne qu’un élément.

Par exemple : Ce n’est ni votre père ni votre mère qu’on a élue à l’Elysée.

Il est certain qu’à l’Elysée il ne peut y avoir qu’une personne. Dans ce cas, il s’accorde avec le second terme.

Les antécédents sont reliés par « ou »

La tendance est d’accorder avec le dernier.

Est-ce votre père ou votre mère que vous avez invitée ?

Ce qui est logique puisque le participe ne concerne qu’un élément.

En revanche, si d’évidence le participe touche les deux éléments, on accorde avec les deux : est-ce ton père ou ta mère que tu as le plus souvent invités ? Dans ce cas, il est bien entendu qu’on a invité les deux (par exemple la mère cinq fois et le père sept fois), il serait dès lors anormal de n’accorder qu’avec un élément.

L’antécédent est « un des… »

On accorde généralement au pluriel, à moins qu’on ne veuille insister sur l’idée d’individualité :

Un des hommes que j’ai vus (on accorde avec hommes).

Un des hommes que j’ai vu (on accorde avec un).

Sachez qu’avec un de ceux et une de celles on accorde obligatoirement au pluriel : un de ceux que j’ai vus.

L’antécédent est « on »

Il est de tradition de l’accorder au masculin singulier :

Quand on est comme vous, ma fille, on ne peut être reçu au conservatoire.

Néanmoins, lorsque le « on » ne peut raisonnablement pas concerner des hommes, on peut l’accorder au féminin et au pluriel : quand on est comme vous, ma fille, on ne peut être reçue chez les majorettes.

Il est clair qu’il n’y a pas d’hommes dans une compagnie de majorettes. Dans la pratique, le plus simple est de toujours considérer « on » comme masculin.

Florence Augustine

Par Florence

Correctrice et rédactrice de débats, j’accompagne au quotidien les professionnels de l’édition, de la communication, les instances publiques comme privées pour valoriser leurs contenus et leurs échanges.

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