Christelle Martin Lacroux, membre du laboratoire de recherche GRM à l’université de Toulon, a effectué des travaux de recherche afin d’établir le réel impact d’une mauvaise maîtrise de l’orthographe. Sa thèse publiée en fin d’année 2015 prouve dans un premier temps l’importance des écrits au travail.

31 % des salariés écrivent pendant au moins le quart de leur journée de travail et au total 70 % des salariés sont des rédacteurs quotidiens. En moyenne, chacun envoie 33 e-mails par jour.

31 % DES SALARIÉS ÉCRIVENT PENDANT AU MOINS LE QUART DE LEUR JOURNÉE À RÉDIGER.

De ce constat découle une réaction sans appel des recruteurs.

Les recruteurs n’aiment pas que l’on piétine l’orthographe : un candidat a 3 fois plus de risques d’être éliminé si son dossier de candidature comporte des erreurs grammaticales ou lexicales. Et ceci est valable dès la première faute relevée, selon Christelle Martin Lacroux.

Les recruteurs jugent plus sévèrement les fautes de grammaire et de lexique que les fautes de frappe.

3 X PLUS DE RISQUES D’ÊTRE REJETÉ PAR UN RECRUTEUR POUR UN DOSSIER DE CANDIDATURE AVEC DES FAUTES D’ORTHOGRAPHE.

Par ailleurs, 71 % des recruteurs qui se renseignent en ligne sur les candidats déclarent que les fautes d’orthographe sur les réseaux sociaux jouent en leur défaveur (source : Régionsjob 2013).

Grâce à plusieurs expériences, elle a mis en lumière les raisons pour lesquelles un candidat n’écrivant pas parfaitement n’inspire pas confiance.

Un véritable coût pour l’entreprise

Il faut du temps et de l’argent pour reprendre les documents. En plus, c’est mauvais pour l’image. Les recruteurs s’en rendent bien compte. Christelle Martin Lacroux a mené une expérience dans laquelle elle a observé vingt recruteurs sélectionner des candidatures, dont certaines volontairement bourrées de fautes. « Leur préoccupation principale est le bien-être de l’entreprise : ils ont peur qu’un candidat n’écrivant pas parfaitement nuise à son bon fonctionnement », explique-t-elle.

Une candidature mal rédigée projette une mauvaise image de la personne. « En France, faire des fautes, c’est être mal élevé. Les recruteurs ont même tendance à penser que le candidat n’est pas intelligent, analyse Christelle Martin Lacroux. Et quand on leur demande d’expliquer ce que la lecture d’un CV avec des fautes leur inspire, les sentiments ressortant le plus sont l’abattement, la colère, voire la moquerie. »

La valeur des expériences réduite à néant

Une expérience solide et un parcours sans faute ne rattrapent pas forcément une piètre maîtrise des règles grammaticales. Lors de l’expérience, les recruteurs ont été soumis à plusieurs dossiers types, qui se ressemblaient, mais variaient sur le nombre de fautes d’orthographe, et sur l’expérience. Les plus sélectionnées étaient évidemment les candidatures sans faute avec beaucoup d’expérience. Mais il n’existe pas de différences significatives entre ceux qui font des fautes mais ont de l’expérience et ceux qui n’ont pas d’expérience mais se distinguent par une écriture parfaite. « En clair, les fautes d’orthographe vous remettent au niveau des candidats sans expérience, et réduisent à néant tous les efforts entrepris depuis des années », conclut Christelle Martin Lacroux.

81 % DES ENTREPRISES CONSIDÈRENT L’ABSENCE DE MAÎTRISE DE L’ORTHOGRAPHE COMME UN OBSTACLE POUR RETENIR LA CANDIDATURE D’UN CADRE.

Face à une forte concurrence, les candidats peuvent donc se distinguer grâce à une orthographe irréprochable. Un CV et une lettre de motivation vierges de fautes d’orthographe rassurent le recruteur, et prouvent l’application et donc l’implication du candidat.

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